dimanche 16 septembre 2012

0 L' "Europe" n'existe pas : la preuve par Van Rompuy

Herman van Rompuy, européen à l'extérieur, nationaliste à l'intérieur

MainEst-il normal que le président du Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement participe à des manifestations nationalistes ? Cela ne semble, en tout cas, pas gêner le Belge Herman Van Rompuy, titulaire du poste depuis 2010, qui a, comme chaque année, joyeusement pédalé aux côtés de ses amis « flamingants » (nationalistes Flamands), le 2 septembre dernier, lors du « Gordel », un parcours à vélo qui fait le tour de Bruxelles, mais en territoire flamand.

Car, le Gordel n’est pas un paisible « événement sportif et familial », comme a osé le qualifier le premier ministre francophone, Elio Di Rupo, mais d’une vraie démonstration de force nationaliste à laquelle participe la quasi-totalité de la classe politique flamande, de l’extrême droite aux écologistes, sans que cette proximité gêne grand monde. Beaucoup de Francophones vivent cette ballade comme une véritable agression, puisqu’il s’agit d’un encerclement symbolique de la capitale belge, francophone à plus de 90 %, mais que la Flandre considère comme sa capitale. Le Gordel, organisé chaque premier dimanche de septembre depuis 1981, est, de fait, officiellement destiné à affirmer le caractère flamand de la périphérie bruxelloise : les Flamands veulent stopper la « tache d’huile » francophone qui petit à petit gagne la Flandre, la majorité des communes jouxtant Bruxelles étant déjà essentiellement peuplée de locuteurs non néerlandophone de naissance. Il s’agissait aussi d’exiger la scission de l’arrondissement bilingue électoral et judiciaire de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV), une atteinte à l’intégrité territoriale, culturelle et politique de la Flandre pour les flamingants.
Pourtant, cette année, le Gordel a perdu une partie de sa signification, puisque BHV vient d’être scindé comme le réclamaient les nationalistes flamands, ce qui permet à la Flandre de disposer d’un territoire aux frontières nettement définies, prélude nécessaire à une éventuelle scission. Mais, pour les flamingants, ce n’est pas assez : ils estiment que les « facilités linguistiques » accordées aux Francophones des six communes de la périphérie bruxelloise qui sont autorisés à s’exprimer dans leur langue dans leurs rapports avec l’administration devraient être supprimées afin que la seule langue parlée sur leur territoire soit le flamand.
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Cette année, ce sont donc les « irréductibles » qui ont manifesté, ce qui explique qu’il n’y ait eu « que » 30.000 personnes, contre 80.000 il y a deux ans. Ce qui rend d’autant plus choquant la présence de Van Rompuy, ce « flamingant à visage humain » comme je l’ai qualifié lors de sa nomination fin 2009. Car derrière la revendication nationaliste, il y a la question de la solidarité financière entre la Flandre et la Wallonie et Bruxelles que la quasi-totalité des Flamands conteste. Or, comment peut-on défendre la solidarité entre les pays pauvres et riches de la zone euro et la contester chez soi ? Comment peut-on prétendre incarner les « valeurs européennes » qui passent notamment par le refus du nationalisme tout en pédalant aux côtés de l’extrême droite la plus intolérante ? Bref, il y a là une contradiction patente qui affaiblit gravement le discours « fédéraliste » de Van Rompuy.
137 12 06 30 HermanSon porte-parole, Dirk Debakker, m’a répondu : « Herman Van Rompuy a toujours participé au Gordel depuis 30 ans, même en tant que Premier ministre belge. En sus, il est Rhodien (de Rhodes-Saint-Genèse, l’une des communes “à facilités”, NDA). L’année prochaine, il y sera de nouveau. D’ailleurs Di Rupo n’est pas d’accord avec l’interdiction du Gordel ». Ultime argument : Guy Verhofstadt, l’actuel patron du groupe libéral du Parlement européen et fédéraliste européen pur jus, « y participait lorsqu’il était premier ministre ». C’est bien le point : dès qu’il a endossé ses habits européens, Verhofstadt a cessé de participer au Gordel. Surtout, il a radicalement évolué, n’hésitant désormais plus à critiquer les flamingants, ce que n’a jamais fait, de près ou de loin, le président du Conseil européen depuis qu’il a pris ses fonctions. Manifestement, les dirigeants européens, en nommant Van Rompuy au poste de président du Conseil européen, sont tombés dans le piège habituel, les responsables flamands ayant souvent un discours apaisant pour l'extérieur qui ne correspond guère à celui qu'ils tiennent à l'intérieur. La prochaine fois (au premier semestre 2014) ils devront mieux se renseigner sur la personne qu'ils désigneront.

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